Retrouver les valeurs partagées

Le lycée où j’étais CPE (conseillère principale d’éducation) l’an dernier accueille une population nombreuse et hétérogène, avec pas moins de 1 400 élèves. Il comprend un lycée professionnel (LP) et un lycée général et technologique (LGT). Le lycée est situé dans le Vaucluse à l’entrée d’une grande ville, dans une zone urbaine proche d’une cité réputée difficile. Comme sur l’ensemble des quartiers prioritaires français, ce quartier a une population plus jeune que son environnement géographique. Ainsi, 46 % de sa population a moins de 25 ans (310 enfants de moins de 15 ans et 220 jeunes de 15-24 ans). De plus, 42 % de la population du quartier est d’origine étrangère, soit environ 480 personnes, venant principalement des pays du Maghreb.
Dès mon arrivée dans ce lycée, j’ai remarqué un clivage entre les élèves du LP et ceux du LGT. La différence a une base socioéconomique : 45 % des élèves issus du LP sont boursiers, contre 28 % en LGT. Ils ne se mélangent pas beaucoup, on perçoit des clans dans lesquels viennent se former des groupes communauta…