Que faire d’une évaluation des enseignements de licence ?

L’idée d’une évaluation partagée par les différents acteurs du système progresse lentement. Mais elle rencontre souvent l’incompréhension ou la méfiance, dans la mesure où l’évaluateur est soupçonné d’instrumentaliser la démarche à son seul profit.
Quand le conseil des études et de la vie universitaire (Cévu) de l’université Montpellier 3-Paul-Valéry décide de se lancer dans une évaluation de la formation en licence, la vice-présidente propose de réunir une commission ad hoc dont la mission sera d’accompagner sa réalisation et de dépouiller un questionnaire soumis à toutes les étudiantes et tous les étudiants du premier cycle, sous le contrôle du Cévu. Le choix du questionnaire et le mode de passation, sous forme d’un temps de travail dans une unité d’enseignement obligatoire consacrée à l’informatique et internet, font rapidement l’unanimité, même si les discussions techniques et éthiques (voir extrait de la charte en encadré) ont nécessité plusieurs mois de travail, entre janvier et novembre 2009. La passation proprement dite s’est faite du mois de janvier au mois d’avril 2010. Le dépouillement a suivi jusqu’en novembre 2010 et les votes en Cévu sur le rapport sont intervenus en janvier 2011.
Même s’il pose quelques problèmes méthodologiques qui ne seront pas abordés ici, le recours au questionnaire a pour avantage de permettre de travailler sur une population totale et non sur un échantillon. Je présenterai ici quelques éléments chiffrés, puis je m’attarderai sur les éléments recueillis dans les questions ouvertes (trois dont les réponses sont limitées à 500 caractères et 50 limitées à 1 000 caractères) et je terminerai par quelques considérations sur les apports de cette opération particulièrement lourde, mais indispensable au moment où l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Aeres) impose ses audits flashs