Lire autrement, mais lire quand même

Publié le Lecture : 14 min
La dyslexie n’est pas un retard d’apprentissage, mais une façon de lire qualitativement atypique, due à des particularités cognitives sous-jacentes en perception.

Lire implique d’acquérir de nouveaux automatismes pour identifier des mots écrits en mobilisant peu des ressources de traitement alors disponibles pour comprendre les phrases. En cas de dyslexie, ces automatismes se mettent difficilement en place, ce qu’on explique souvent par un déficit phonologique, mais ce terme cache des difficultés de natures variées.

En quelques mois, l’écolier apprend les liens entre les lettres et les phonèmes (représentations mentales des sons obtenus par combinaison des consonnes et voyelles). L’apprentissage de ces règles graphème-phonème et l’aptitude à les appliquer de manière fluide peuvent être perturbés chez l’enfant dyslexique. Il décode alors difficilement les mots qu’il n’a jamais lus, ce qui le prive du plaisir de découvrir leur identité de façon autonome. Si cette particularité évaluée objectivement dans un bilan orthophonique est associée à un retard de lecture d’au moins dix-huit mois non expliqué par ailleurs (scolarité inadaptée, retard intellectuel, etc.), un diagnostic de dyslexie de type phonologique est posé. Sur le plan cognitif, la procédure de lecture par assemblage associant les phonèmes aux gr…

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