Les métamorphoses du tutorat

Avec la massification des effectifs et celle de l’échec en première année, voire en seconde, la pédagogie universitaire, ou plutôt son absence, a été mise en accusation. La solution préconisée depuis une vingtaine d’années réside dans le tutorat, dont les métamorphoses jusqu’au plan « Réussite en licence » sont étudiées ici.
La question de la réussite des étudiants dans les premiers cycles de l’université française n’est pas nouvelle. L’année 1989 marque le début d’un accroissement du public fréquentant l’université. Le projet de conduire 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat en 2000 a des conséquences sur les effectifs jusqu’en 1997. À cette époque, la volonté de lutter contre l’échec des étudiants, dès les premières années d’enseignement supérieur, s’est illustrée à travers les initiatives portées par les universitaires eux-mêmes et par une politique conduite par François Bayrou, alors ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. La semestrialisation des études, la généralisation de l’évaluation des enseignants et des formations universitaires ainsi que la mise en place d’un tutorat méthodologique datent de cette période, où la massification du public étudiant pose question. Le Bulletin officiel du 31 octobre 1996 définit le tutorat de la façon suivante : « Aider au travail personnel de l’étudiant, aider au travail documentaire, donner son appui aux techniques d’auto-évaluation et d’auto-formation, permettre d’établir des relations de proximité entre étudiants et professeurs ». Ainsi, ce dispositif a pour vocation de faire accéder l’étudiant à l’autonomie nécessaire pour réussir son parcours d’études.
Le bilan de cette politique est apparu contrasté, malgré les bonnes intentions affichées. Une telle initiative ne pouvait en effet se substituer à la quête de sens d’étudiants engagés malgré eux dans des études qu’ils n’avaient pas choisies, ou en grande difficulté pour appréhender le métier d’étudiant.