Les loisirs dirigés du Front populaire
S’inspirant des idées de l’éducation nouvelle, dans le courant des auberges de jeunesse et de la démocratisation des loisirs, Jean Zay tenta de faire sortir les maitres et leurs élèves de leur salle de classe, pensant ces « loisirs dirigés » comme un levier pour rénover les pratiques pédagogiques de l’enseignement secondaire. Le bilan, mitigé, fait écho à bien des situations actuelles.
Par l’arrêté du 22 mai 1937, le ministre de l’Éducation nationale du Front populaire Jean Zay institue les loisirs dirigés dans les collèges, les lycées et les écoles primaires supérieures (EPS), en même temps qu’une demi-journée d’éducation physique de plein air. Il reprend alors à son compte la revendication d’une réforme des méthodes pédagogiques en usage dans cet enseignement secondaire fortement marqué par la tradition des humanités classiques, par le cours magistral et le poids des exercices académiques préparant au baccalauréat. S’inspirant de certaines idées des mouvements de l’éducation nouvelle, mais aussi des méthodes promues par le scoutisme, il souhaite créer un espace de liberté et de pédagogie active. L’expérience est menée à partir de la rentrée de septembre 1937 et dure deux années avant que la Seconde Guerre mondiale ne vienne stopper cette novation qui s’était déjà fortement étiolée en rencontrant de nombreux obstacles.
Comme le note le ministre, « dans le domaine proprement pédag…