L’école buissonnière confinée
La continuité pédagogique, faisant de la maison une extension de l’école, interroge la nature même des apprentissages et la façon de les conduire, à l’école et hors de l’école. Et si c’était l’occasion de réinventer l’école buissonnière ?
Une note de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) de juillet 2020 titre : « Crise sanitaire de 2020 et continuité pédagogique : les élèves ont appris de manière satisfaisante »1. On se serait attendu à une expression du type « ont pu travailler », marquant le fait qu’ils ont pu réaliser les activités demandées dans des conditions parfois difficiles. En fait, le rapport interroge sur ce qu’est l’apprentissage et ce qu’est l’école. Le confinement a conduit à transposer l’école à la maison : exécuter les consignes transmises par l’enseignant, faire des exercices et des devoirs, apprendre des leçons, etc., sous la supervision ou la simple injonction des parents. Est-ce cela que l’on appelle « apprendre » ?
Un autre point, rapidement confirmé, concerne la disparition d’un certain nombre d’élèves pendant le confinement : le contact avec eux a été rompu. Cet absentéisme est avant tout le fait des populations les plus fragiles. Ainsi, les enquêtes menées par le journal Education Week montrent un taux importa…