La spirale du tout-diplôme

En 2002, les premières licences professionnelles voient le jour. Actuellement, le processus diplômant ne cesse de s’accroitre, ouvrant de nouvelles voies, notamment par le biais de la mastérisation. Notamment dans le secteur de la mode.
En tant qu’enseignante du secteur supérieur et technique dans le domaine de la mode, j’accompagne les étudiants dans la construction de leur projet professionnel. Je constate le succès des licences dans ce secteur et l’attrait d’une poursuite d’études en master.
Dans cet article, il s’agit donc d’aborder, en quelques lignes, mes préoccupations concernant la motivation de ces jeunes confrontés à la réalité d’un marché du travail exigeant d’une part et, d’autre part, à la nécessité de certifier leurs compétences par les diplômes.
Il s’agit aussi de parler de mon dilemme d’enseignante tiraillée entre la volonté d’encourager les motivations parfois idéalisées des étudiants et ma perception de réalités sociales complexes et subordonnées aux contraintes institutionnelles.
Février 2011. Comme chaque année, j’organise, dans le lycée où j’enseigne, une conférence sur les poursuites d’études post-BTS modélisme et productique. À l’issue de la conférence, les étudiants modélistes m’interpellent quant aux possibilités de licences proposées : certains expriment leur déception face à des perspectives d’études détachées de leur pratique.
Ainsi, nous …