Face au défi des langues : une innovation à Strasbourg

Publié le Lecture : 18 min

Quel dispositif pour amener à l’aisance en langues étrangères des étudiants nombreux, hétérogènes et peu motivés pour les langues, puisqu’ils choisissent d’étudier d’autres domaines de spécialité ?

C’est en 1991 que le premier pôle universitaire européen a été créé à Strasbourg. Il préfigurait la fusion des trois universités d’alors, en travaillant à des projets communs fédérateurs. L’un d’eux concernait la mobilité des étudiants et augurait le processus de Bologne. Penser mobilité européenne ou internationale implique évidemment compétences en langues étrangères. La mission qui m’a été confiée consistait à imaginer des réponses aux questions du terrain. Tel était le contexte qui a vu naitre les centres de ressources de langues, « CRL » dans le texte.
Des idées

La démarche adoptée pour répondre à la question relève d’une posture de recherche, dans la mesure où nous1avons d’abord posé le problème, puis fait une étude de la littérature du domaine et, enfin, expérimenté le dispositif envisagé, d’abord à petite échelle, pour le généraliser progressivement en évaluant son fonctionnement.

Les CRL ont été fondés sur quatre principes méthodologiques issus des réflexions menées :

— assumer l’hétérogénéité des étudiants en prenant en compte les différences de rythme de travail, de motivation, d’intérêts, de style d’apprentissage ;

— responsabiliser les étudiants pour développer leur autonomie en vue de leur insertion professionnelle proche ;

— créer un environnement riche en ressources variées authentiques se rapprochant des supports utilisés par les autochtones ;

— utiliser les langues étrangères pour apprendre de nouveaux savoirs dans leurs disciplines d’étude.

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