Et si on écrivait une lettre à Kant ?

À l’université, la lecture de textes complexes pose parfois problème. Mais alors comment faire ?
Quand on demande à des étudiants en sciences humaines et sociales ce qu’ils associent à la lecture de textes scientifiques, on entend souvent : « Quand je lis, je pense à autre chose, je n’arrive pas à me concentrer », « j’ai du mal à comprendre, alors je décroche, je m’ennuie », « lire m’angoisse, je passe des heures à relire un texte sans le comprendre ».
Comment, alors, attendre des étudiants une lecture critique, laquelle suppose au moins de mobiliser des connaissances, de mettre à distance, de questionner ? Comment espérer avoir une lecture critique quand l’auteur, non seulement vous semble impossible à comprendre, mais qu’en outre, du fait même de son statut d’auteur (et donc, pour un étudiant, d’autorité), vous vous sentez si petit, intimidé, au point de voir votre faculté de penser inhibée ?
La complexité et la densité des textes effraient plus d’un lecteur, et pas seulement en première année de fac. Les étudiants manquent de stratégies pour aborder la lecture et la prise de notes de lectures. Inhibition,…