Des politiques mal calculées
Depuis que les mathématiques sont enseignées, une tension oppose une visée utilitaire à une visée intellectuelle de la discipline. Cette tension peut être illustrée de nos jours par le rôle attribué à la résolution de problèmes et se traduit notamment par les mauvais résultats de la France aux évaluations internationales.Dans une synthèse historique balayant cinq millénaires, Jean-Luc Dorier1 montre que la finalité de l’enseignement des mathématiques avancées est l’objet d’un clivage qui dure jusqu’au XXe siècle : contribuer à la formation intellectuelle des élites (par l’étude des textes de mathématiciens comme l’enseignement de la littérature s’appuie sur l’étude des œuvres) ou délivrer une formation technique aux professionnels (scribes, banquiers, commerçants, militaires, ingénieurs, etc.). Quant aux mathématiques élémentaires, on sait peu de choses de leur enseignement tant qu’il a été délivré seulement par des précepteurs privés dans les familles aisées. Ces mathématiques ont ensui…