Construire et évaluer les projets professionnels personnalisés

Les pouvoirs publics ont conscience que l’université doit renforcer ses dispositifs d’orientation des étudiants et développer la professionnalisation des enseignements afin de limiter les échecs en licence, notamment en première année. Une étude analyse le problème et ses solutions.
Le plan réussite en licence (PREL) tente de promouvoir de nouvelles politiques de formation et d’orientation des étudiants, afin de lutter contre leur échec massif en licence et de mieux les aider dans leur insertion socioprofessionnelle. Les constats sur les échecs des étudiants, tout particulièrement ceux de première année (L1), posent des questions sur les dysfonctionnements du système universitaire français : « 48 % des étudiants passent en deuxième année sur les 280 000 étudiants qui, chaque année, rentrent à l’université ; 52 % échouent (30 % redoublent, 16 % se réorientent, 6 % abandonnent leurs études) ».
L’évaluation des dispositifs de formation est souvent mal perçue, en France notamment, car les acteurs concernés y voient, souvent à juste titre, un risque de réduction des ressources affectées au dispositif plutôt qu’une opportunité pour le réorganiser et l’améliorer. Il est toutefois légitime de se demander pourquoi un tel système de formation génère autant d’échecs et quelle est la nature de ces échecs. Une orientation appropriée permettrait-elle de limiter en partie de tels dysfonctionnements ? Il faut, en effet, se demander quelles sont les conséquences personnelles et sociales quand un étudiant n’arrive pas à s’adapter à un cursus. Il redouble, souffre, voire abandonne un projet qui lui est cher. À sa souffrance psychologique, à sa perte d’estime de soi, s’ajoute un gaspillage financier énorme pour l’État et sa famille. Les analyses socioéconomiques des conséquences de telles orientations inadaptées seraient nécessaires. La famille, l’école et l’université doivent tout faire pour limiter de tels errements, en accompagnant au mieux les étudiants dans la construction de projets réalistes, tout en agissant, autant que faire se peut, dans la sphère politique, où les décisions en matière économique et éducative sont déterminantes encore pour réduire ces dysfonctionnements.
Dans l’enseignement supérieur, la loi n° 2007-1199 du 10 aout 2007, relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), fixe de nouvelles missions, notamment en matière d’orientation et d’insertion professionnelle. En lien avec les établissements scolaires, les universités conduisent une politique d’« orientation active ». Des bureaux d’aide à l’insertion professionnelle, plateformes d’information, de conseil et d’accompagnement vers l’emploi des étudiants sont créés. Pour chaque licence, il est recommandé de définir un projet pédagogique qui précise les champs de métiers ouverts aux licenciés, propose des parcours de formation modulables et des passerelles pour une poursuite d’études ou une insertion professionnelle. Chaque étudiant doit élaborer un projet professionnel personnalisé (PPP), bénéficier d’un accompagnement avec un professeur référent (PR), assisté par des tuteurs d’« accompagnement pédagogique » (Tap), suivre une formation à la méthodologie du travail universitaire (MTU) pour l’aider dans la recherche documentaire, la lecture, l’écriture, l’exposé oral et l…