Apprendre (enfin !) les langues étrangères à l’université ?

Publié le Lecture : 19 min

Aujourd’hui, les maquettes universitaires rendent obligatoire l’étude d’une, voire deux langues vivantes étrangères. Notre interlocutrice nous présente une réalité tournée vers une approche par compétences qui prend en charge les étudiants tels qu’ils sont, pour leur faire atteindre le niveau B2 du CERCRL, alors qu’un bon tiers n’est qu’au niveau A2.

Richard Étienne : Merci de nous accorder cet entretien au double titre qui est le tien, d’angliciste et de vice-présidente de l’université Montpellier 3. Que t’inspire le fait que les langues vivantes soient obligatoires dans nos études de licence et de master ?

Cécile Poussard : Nous parlons bien des langues obligatoires et pas de celles des spécialistes qui font des études dans ces disciplines. Je pense que c’est une très bonne chose que soient rendues obligatoires deux langues vivantes. Nous sommes en Europe et, au-delà, dans une internationalisation, d’où l’importance pour les étudiants d’utiliser ces langues pour communiquer et étudier. Ca, c’est pour l’aspect utilitaire, mais il faut aussi penser à l’ouverture sur les cultures des autres, même si j’ai l’impression en disant cela d’enfoncer des portes ouvertes.

RE : Il existe un cadre européen commun de références pour les langues (CECRL) avec trois niveaux A, B et C, subdivisés en échelons 1 et 2. Ne met-il pas un peu trop l’accent sur les compétences linguistiques, au détriment de celles qui portent sur la culture ?

CP : Oui, mais il existe toute une partie sur les compétences pragmatiques et sur les références socioculturelles. C’est vrai que lorsqu’on regarde le descriptif, on est plus dans le domaine linguistique que dans celui du socioculturel. Dans notre université, l’anglais se trouve de facto renforcé et occupe une place prééminente, ce qui n’est nullement le désir du département d’anglais de notre université. Cela nous pose problème. D’abord parce que c’est une charge à assurer,…

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