Une identité professionnelle questionnée
Qu’en est-il de l’identité professionnelle des enseignants à l’heure de l’école inclusive ? C’est à cette question abrupte que cet article va tenter de répondre, en s’appliquant tout d’abord à déplier les implicites d’un tel questionnement.La notion d’identité professionnelle suppose qu’il existerait une relation entre une identité personnelle et la scène professionnelle sur laquelle une personne est engagée une grande partie de son temps. Une telle dimension relationnelle de l’identité professionnelle suggère que celle-ci n’est jamais que transaction, rencontre, identifications entre des coordonnées personnelles (une histoire, des valeurs, un imaginaire) et des coordonnées sociales (les idéaux du métier, les prescriptions de l’institution, etc.). À ce titre, l’identité professionnelle sera toujours à la fois singulière et labile.
Singulière, car, quoique le métier d’enseignant soit précisément défini, voire corseté, par un ensemble de normes, de règles et même de compétences qui pourraient définir ce qu’est un enseignant, un enseignant est avant tout une personne, comme le disait Ada Abraham, c’est-à-dire un sujet à nul autre semblable. Je définis pour ma part le sujet dans le sens de la psychanalyse, c’est-à-dire comme divisé par l’inconscient, riche de ses affects et d’un imaginaire qu’il déploie dans tous les moments de sa vie, l’exercice du métier ne faisant pas exception. Labile, car l’identité est soumise à de con…