Un autre regard
Lors des échanges entre orthophonistes et enseignants, deux questions reviennent souvent : « Comment différencier dans une classe de trente élèves ? » et « Comment différencier dans une classe très hétérogène ? » Voici quelques pistes de réponses, qui n’ont pas valeur de leçon mais d’éclairage.Ces dernières années, lorsque des professionnels du monde de la santé étaient sollicités pour échanger avec les enseignants sur la différenciation dans des classes très hétérogènes ou avec des gros effectifs, les réponses consistaient à présenter les différentes fonctions cognitives sollicitées dans les apprentissages (attention, fonctions exécutives, mémoire à long terme, langage, praxies, etc.).
En effet, la compréhension du fonctionnement cognitif permet de mieux comprendre les troubles qui peuvent affecter les apprentissages chez certains élèves. De plus, cette compréhension offre une grille de lecture qui rend possible l’utilisation de stratégies pour renforcer le développement de ces fonctions cognitives, ou pour les contourner quand elles ne fonctionnent pas suffisamment bien.
Il s’agit d’une approche intéressante pour réduire les situations de handicap face aux apprentissages. Cependant, plusieurs conditions sont requises pour que cette approche fonctionne. L’enseignant doit être formé aux outils de compensation et à l’analyse des fonctions cognitives sollicitées par un apprentissage.
Cette approche mobilise beaucoup de temps et d’énergie de la part de l’enseignant et fonctionne mieux sur les petits effectifs de classe que sur les grands groupes. Et, de par les retours d’expérience que nous avons reçus, elle semble plus difficile à mettre en œuvre en secondaire qu’en primaire.
Face à ces différentes limites, une autre approche est à considérer. La théorie de la charge cog…