Tout le monde avait l’air très pressé

Publié le Lecture : 15 min
L’accueil passe par la rencontre véritable. Voici deux récits qui rappellent l’importance du premier contact.

Par l’accueil des migrants au sein de l’institution scolaire, on peut entendre deux choses bien différentes : on peut l’entendre, de manière courante, comme l’ensemble des dispositions matérielles nécessaires à la prise en charge éducative d’un individu (mise en œuvre d’un protocole), assorti de manifestations sociales de sympathie (poignées de main, sourires, chaises tendues). Ou bien, on peut l’entendre comme une disposition interne de l’être que nous sommes à recevoir le nouveau venu dans toute l’étendue de sa nouveauté, c’est-à-dire dans l’ampleur de son altérité, et à diffuser, à infuser ce que nous sommes aussi aveuglément, aussi gratuitement et aussi loin que possible sur les terres inconnues, et pour l’heure inconnaissables de son existence.

Comme semblent l’indiquer les deux récits qui vont suivre, lesquels illustrent la manière dont les acteurs de l’éducation s’emparent parfois de la notion d’accueil, une définition protocolaire de l’accueil s’avère nécessaire, mais non suffisante. Il apparait en conséquence que cet instant essentiel qu’est l’accueil des allophones, en raison de la densité temporelle unique de son matériau, de son caractère non reproductible et irréversible, doive être revalorisé en tant qu’état nucléaire de la relation qui est à venir, laquelle se dépl…

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