Quel est le problème ?
La volonté politique, récente en France, de repérer les décrocheurs et de lutter contre le décrochage ne relève pas d’une prise de conscience tardive d’un phénomène ancien. Elle est symptomatique d’une nouvelle conception de l’école centrée sur la notion de capital humain.
Au début des années 1980, la problématique politique principale de l’école était celle de l’échec scolaire, dans le contexte nouveau de l’arrivée massive des enfants des classes populaires dans l’enseignement secondaire. La lutte contre l’échec scolaire s’inscrivait explicitement dans une politique de lutte contre l’inégalité sociale. L’attention nouvelle des pouvoirs publics sur la déscolarisation puis, aujourd’hui, sur le décrochage, correspond à une modification profonde de cette orientation générale, dans deux directions distinctes et complémentaires.
D’un côté, la question sociale de l’échec scolaire a fait place, dès les années 1990, à une approche sécuritaire pleinement assumée : les jeunes déscolarisés ou en voie de déscolarisation sont des menaces potentielles pour l’ordre scolaire et pour l’ordre public. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’appel d’offres interministériel de 1999, qui donne lieu à un rapport