Pourquoi parfois « c’est pas juste » ?
Les auteures s’inscrivent dans les objectifs du plan d’études romand (PER), dont la visée éducative est de développer le « vivre ensemble et l’exercice de la démocratie », intégré dans les pratiques ordinaires de la classe et dans les disciplines scolaires. Elles rendent compte ici d’un atelier philo où la question du juste et de l’injuste est mise en débat.
La question de la formation du jugement moral chez les jeunes enfants n’est pas neuve si l’on se réfère à Piaget, qui l’a traitée dès 1932. Mais elle semble peu prise en compte dans les classes en tant que telle. L’enfant, décrit par Piaget, passe par plusieurs stades (en partant d’une morale hétéronome, donnée essentiellement par l’adulte, pour passer à une morale de l’intériorité, plus autonome, morale qu’il se donne à lui-même). Nous avons souhaité aborder cette question qui nous semble essentielle, en mettant en place un atelier de philosophie inspiré de « Pourquoi, parfois, “c’est pas juste !” ? »1auprès d’enfants de deuxième année de l’école primaire obligatoire (5-6 ans).
Précisons que l’enseignante et la classe ont une pratique régulière des dialogues philo dont les élèves connaissent bien le fonctionnement. L’enseignante fait se remémorer les autres discussions philo menées tout au long de l’année, afin de mettre les élèves en condition de discuter et échanger. À titre d’exemple, les thématiques discutées p…