Pour une convention citoyenne sur l’éducation

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Couverture du numéro 598, « Remobilisés ! »Pour élever le débat sur l’école et l’éducation, le CRAP-Cahiers pédagogiques souhaite l’organisation d’une convention citoyenne.

«Ce qu’il faut, c’est rétablir l’autorité du maitre. » « Il faut des uniformes et renforcer les possibilités d’exclure les élèves qui ne suivent pas. » « Il faut permettre aux meilleurs d’aller à leur maximum. » « Il faut plus d’instruction civique à l’école. » « La seule solution, c’est moins d’élèves par classe. »

Que de propos de café du commerce (ou de cafétéria de l’Assemblée nationale, hélas !) entend-on trop souvent à propos des remèdes à l’indéniable malaise autour de notre école et du constat qu’elle renforce les inégalités sociales et culturelles !

Face à cela, nous rejoignons l’appel à une convention citoyenne sur l’éducation lancé en septembre 2024 par la FCPE et nous invitons à signer la pétition sur la plateforme Le mouvement1.

Le modèle est bien sûr celui des deux conventions précédentes, sur le climat et sur la fin de vie. Le principe : on tire au sort des citoyens, en veillant à une représentation équilibrée en termes de genre, de profession, de situation géographique, d’âge, etc., on leur demande s’ils sont prêts à s’engager sur une période longue de plusieurs semaines à participer à une réflexion sur le thème choisi débouchant sur des préconisations les plus concrètes possibles. Ils se réunissent plusieurs weekends pour débattre en commissions ou en plénière et auditionner des experts. Dans le cas du climat, ceux-ci étaient tout autant des scientifiques que des chefs d’entreprise, des élus, des juristes, etc.

À la fin, la convention citoyenne vote sur les propositions issues des commissions, et s’efforce d’aller le plus loin possible dans les préconisations afin que, transmises au plus haut niveau, elles se traduisent en projet de loi.

On sait que, si les propositions de la Convention climat ont été riches et solides, peu d’entre elles ont été mises en œuvre, ou alors sous une forme très édulcorée, de vagues recommandations. On peut lire sur notre site le témoignage d’un acteur de cette convention2.

Pour ce qui est de la fin de vie, à l’heure où nous écrivons, nous ne savons pas si le projet de loi qui en est issu en grande partie va enfin être discuté et voté.

Une organisation à penser

Beaucoup de questions se posent sur l’organisation d’une convention sur l’éducation :

  • Quel serait le champ de son intervention, jusqu’à quel point de détail ?
  • Qui organiserait les débats, les rencontres ? Nous pensons que le Conseil économique social et environnemental est le mieux placé.
  • Qui seraient les experts ? Suffirait-il d’avoir un avis sur l’école, comme des millions de Français, ou chercherait-on une véritable expertise, allant au-delà de l’expérience individuelle ?
  • Faudrait-il que ce soit une convention « sur l’éducation » ou « sur l’école » ? Il est important d’articuler les questions scolaires aux questions de société et d’aller voir du côté du périscolaire, et surtout des relations entre l’école et les familles, mais le terme « éducation » ne recouvre-t-il pas un champ trop étendu pour être efficace ?

Dans un contexte où les discours sur l’école vantent davantage des solutions rétrogrades ou magiques (trouver « la bonne méthode » d’enseignement, unique et imposée d’en haut), on peut craindre qu’une telle convention débouche sur des propositions allant à l’encontre des valeurs démocratiques et de la réussite de tous.

Mais le très sérieux travail de documentation qui serait demandé, l’invitation aux échanges et débats de fond, sont autant de garanties contre le simplisme, contre le populisme ou la défense d’intérêts corporatistes. Nous pensons que si l’on a confiance dans la démocratie et dans le débat public organisé, on ne peut refuser cette confrontation d’idées et de pistes d’action.
Nous sommes prêts, si cette convention voit le jour, à apporter notre contribution.

En attendant, il est possible, d’une part, de signer et diffuser la pétition de la FCPE, d’autre part, d’interpeler son ou sa députée pour qu’il ou elle appuie cette demande.
La convention citoyenne n’est pas l’outil miraculeux qui résoudra les problèmes de l’école, mais elle permet des débats sérieux et solidement étayés, qui manquent si cruellement. Notre soutien à cette idée est conséquent avec notre conception « l’école est l’affaire de tous » et de la conjugaison entre changement de la société et changement de l’école.

CRAP-Cahiers pédagogiques

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Couverture du numéro 598, « Remobilisés ! »


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