L’histoire des arts : une interdidactique à inventer

Publié le Lecture : 14 min

La mise en place à partir de 2008 d’un enseignement obligatoire de l’histoire des arts a quelque peu bousculé les frontières disciplinaires. Il ne s’agissait rien moins que de créer de toutes pièces une discipline scolaire qui n’était pas liée à une discipline universitaire préexistante et qui devait être prise en charge par tous les enseignants.

Dès 1998, Philippe Joutard défend l’idée d’une histoire des arts, alors même que les historiens de l’art plaidaient pour une discipline « histoire de l’art ». L’histoire des arts s’étend bien au-delà, s’élargissant à six grands domaines artistiques : les arts de l’espace, les arts du langage, les arts du quotidien, les arts du son, les arts du spectacle vivant, les arts du visuel. L’enseignement de l’histoire des arts se révèle être l’invention d’un vaste cours d’anthropologie culturelle, impliquant l’ensemble des enseignants de la même classe, et susceptible de s’adresser à tous les élèves. Une sacrée gageüre tout à la fois épistémologique (il n’y a pas eu d’élaboration consensuelle des savoirs à enseigner) et didactique (il reste à inventer les formes d’enseignement et d’évaluation de ces savoirs).

Le réfléchi et le sensible

Le projet d’enseignement de l’histoire de l’art est présenté comme devant être assumé « par tous les enseignants ». S’il est d’abord mis en œuvre dans le cadre des disciplines des humanités (enseignements artistiques, fra…

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