L’école en 2050 : comment éviter le scénario noir ?
Dans L’emprise scolaire, les deux auteurs dénoncent la religion du diplôme et le poids trop grand de la réussite à l’école. Quel peut être alors un avenir souhaitable pour celle-ci ?Si les choses comme elles sont se prolongent jusqu’en 2050, il n’est pas difficile de prévoir ce que sera l’école. Le taux d’étudiants en master se rapprochera de celui des bacheliers aujourd’hui et les non diplômés seront tenus pour une sous-caste marginale, incapable et de plus en plus indifférente, voire rétive, aux valeurs émancipatrices de l’école. Les évaluations montreront avec constance que le « niveau » ne monte pas et que les inégalités entre les élèves ne cessent de se recomposer. Les familles qui le peuvent choisiront les écoles privées pendant que les parents seront de plus en plus des coachs scolaires obsédés par le succès de leurs enfants. Les collèges des quartiers pauvres brûleront de moins en moins rarement et les enseignants étant devenus une espèce rare, les vacataires non formés remplaceront des fonctionnaires plus ou moins bien formés.
Mais tout cela ne sera pas trop grave car, avec l’explosion de l’intelligence artificielle, les jeunes tireront leurs savoirs de leurs écrans et ils n’iront à l’école que pour y rencontrer leurs amis.
Si rien ne change, la droite dira toujours que c’était mieux avant, et qu’il faudrait un peu plus de sélection, d’autorité et de marché scolaire, pendant que la gauche répétera que nous devrions nous en sortir en continuant à faire la même chose, mais avec plus de …