LE CŒUR DE L’ÉCOLE
Apprendre à coopérer n’est pas un bonus, une astuce comme une autre, c’est une dimension essentielle de ce que les élèves viennent découvrir et maitriser à l’école.
« Ne l’aidez pas : il faut qu’il trouve tout seul ! »
« Mieux vaut un devoir à moitié fait, seul, que terminé avec l’aide d’un autre ! »
« Avez-vous fait ce devoir seul ? »
Seul ! À l’école, au tableau ou à sa place, pour travailler, pour apprendre, pour être évalué, chacun des élèves est tout seul, et s’il a un voisin de table, c’est pour l’ignorer, ne surtout pas lui parler et ne pas le regarder : « On ne parle pas, on ne copie pas. »
Le maitre, seul lui aussi, est là, tel le bon roi de jadis, de légitimité divine, pour distribuer à chacun individuellement ses louanges comme ses sanctions, les unes et les autres, toujours méritées naturellement. Il n’est pas jusqu’au fameux soutien qui ne soit individualisé, sorte de quarantaine destinée sans doute à protéger les élèves sains des dangereux virus dont seraient porteurs ceux que l’on nomme « en difficultés ».
Oui, l’école française est bien le lieu d’une individualisation massive des élèves. Et pourtant…