La subversion s’imposait
L’auteur relit pour nous l’ouvrage Chronique de l’école-caserne, qu’il publia avec Fernand Oury en 1972. Le problème de l’école a-t-il changé ? Pas sûr. L’autorité y est questionnée au sein de la récente pédagogie institutionnelle. Plongée dans une époque d’audace intellectuelle, où le langage lui-même semble s’émanciper de la grammaire.Nous avions l’enthousiasme et la vie pour nous, en ces années 1968, et de surcroit nous ne doutions de rien. C’est cela qu’il faut retenir et n’y voir nulle démesure, nulle forfanterie. Non, l’intelligence du moment entendait avec constance que l’avenir nous était à portée. Sur ce seuil de société qui vit la grande fracture générationnelle et mentale entre la patriarchie élitaire et une dynamique quasi neuronale de groupes et de réseaux, fondant et débordant le système. Ce retournement de l’histoire pour examen fonctionnait comme un analyseur en vraie grandeur, et il le restera. En ces temps, nous considérions les choses les plus banales comme des signes, des traces, des manifestes, des paroles, en somme comme le tissu structural de la vie. Celle-ci laisse d’une façon ou d’une autre les traces de ses passages. Ce sont les rencontres qui font territoires. Les nœuds de la géographie humaine sont des maisons, et seront des musées.
Cette chronique est en soi celle d’une maladie bien connue, déjà chronique. En effet, le mal est dans la place, répétition avérée des symptômes …