La conférence des oiseaux
La diversité culturelle est souvent source de difficulté pour l’enseignant dans sa classe. Elle peut aussi être un aiguillon et un tremplin pour favoriser l’entrée dans la culture et la prise en compte de l’altérité.
« Morues ! Bougnouls ! »
Les noms d’oiseaux fusaient de sorte que la jeune professeure que j’étais alors, effectuant sa première année d’enseignement au lycée professionnel (à l’époque LEP, lycée d’enseignement professionnel) de Savigny-sur-Orge, ne trouva d’autre solution que de sauter de son estrade, ventre en avant (mon congé maternité allait démarrer) et poings brandis. L’effet fut instantané, les protagonistes réconciliés me donnèrent une leçon de boxe : je plaçais mal mes pouces et, dans un combat réel, je risquais de me les casser.
Ce n’est donc pas d’aujourd’hui que nous connaissons dans nos classes la difficulté de permettre la cohabitation harmonieuse d’élèves issus de cultures différentes. Or, un des changements amorcés au siècle précédent réside dans l’ampleur de la circulation des hommes, qu’il s’agisse de migration contrainte ou d’un choix.
Ce dont je veux témoigner, c’est que l’intégration d’élèves d’origine étrangère, d’allophones, a été pour moi un aiguillon pour une passionnante (auto)formation permanente, qu’elle a enrichi considérablement ma pratique de professeure de français et la vie intellectuelle et civique de mes classes.
Lorsque j’ai débuté, mes collègues et moi-même n’avions aucune conscience de la spécificité des proc…