La complainte du progrès
Automne 1955
« Autrefois pour faire sa cour, on parlait d’amour. Pour mieux prouver son ardeur, on offrait son cœur, maintenant c’est plus pareil, ça change, ça change. Pour séduire le cher ange, on lui glisse à l’oreille : “Ah, Gudule, viens m’embrasser et je te donnerai un frigidaire, un joli scooter, un atomixer et du Dunlopillo…” » Dix ans après la fin de la guerre, la reconstruction, accélérée par l’argent du plan Marshall, a fait entrer la France dans la société de consommation. Dans la « Complainte du progrès », Boris Vian se moque autant des frénétiques de la consommation que de ceux qui pleurent les temps passés. Le rédacteur des dossiers de septembre et d’octobre des Cahiers pédagogiques consacrés à l’attention a un peu le même regard distancié lorsqu’il r…