Justice à l’école ?
L’auteur montre ici, reprenant la notion de justice dans sa polysémie (valeur morale, justesse des évaluations, notion centrale du droit ou encore instance démocratique dans l’institution judiciaire), les multiples implications de ce qui se joue à l’école du fait du non-respect des principes de droit élémentaire à ses différents niveaux.
S’agissant de justice, la question est d’abord de préciser s’il s’agit de la justice au sens de la valeur morale, qui renvoie aux notions de bien et de mal, ou de l’exactitude, d’un calcul (par exemple) et il s’agit alors de justesse, ou bien du droit dans ses principes négatifs ou ses expressions positives, ou encore de l’institution judiciaire qui devrait constituer le troisième pôle des pouvoirs politiques démocratiques. Au premier sens, on sait que les enfants sont très sensibles aux atteintes à l’égalité, aux erreurs d’imputation de responsabilité de tel ou tel acte (« Ce n’est pas moi qui ai commencé »), et donc à la confusion entre responsabilité (l’erreur : « Je n’ai pas fait exprès ») et culpabilité (la faute intentionnelle). Le seuil décisif se franchit au moment où l’enfant découvre que l’adulte n’a pas toujours raison, que vérité et justice peuvent même être trahies en paroles et en actes. Cyril, 17 ans, en cours de philosophie, raconte un souvenir scolaire : « J’étais en CP, j’avais fait pipi dans mon pantalon, le maitre m’a mis au coin, pantalon et slip baissés, les mains sur la tête.&nbs…