Errare pedagogicum est
Partenariat et compromis
Une enquête sur les rapports entre professionnels du décrochage scolaire, qui confronte la vision de l’Éducation nationale et celle de l’éducation populaire, dans le cadre des ateliers relais mis en place pour les collégiens. Comment des acteurs issus de deux mondes sociaux pensés comme différents, voire opposés, peuvent coopérer dans le cadre de ce dispositif ?
Mis en place en 2002, les ateliers relais accueillent en leur sein, durant sept à onze semaines, des élèves repérés par les acteurs éducatifs du collège comme étant en situation de décrochage scolaire. Les élèves intègrent alors l’atelier relai et sont pris en charge par des enseignants coordonnateurs, chargés des activités de remédiation scolaire, et des animateurs, proposant des activités (bois, peinture, etc.) sur des créneaux qui leur sont réservés. À la fin de la session, l’élève peut retourner dans sa classe d’origine ou être orienté vers le monde professionnel.
Je conduis une enquête sur les rapports qui s’exercent, dans ce dispositif de lutte contre le décrochage scolaire, entre les acteurs de deux mondes sociaux : l’Éducation nationale et l’éducation populaire, Ligue de l’enseignement, Ceméa (Centres d’entrainement aux méthodes d’éducation active) et Francas. Pour ce faire, j’ai réalisé des entretiens avec les acteurs de trois ateliers relais différents (dans une grande ville, une petite ville rurale et une ville de montagne) et des observations au sein de la classe et des établissements scolaires.
Tout d’abord, faisons le point sur la perception que les acteurs ont de ces deux mondes. Chez les acteurs organisationnels comme les chefs d’établissement, les inspecteurs de l’Éducation nationale chargés de l’information et de l’orientation (IEN-IO) et les responsables associatifs, les oppositions entre les deux mon…