Des hauts et des bas
Enseigner l’histoire-géographie à des élèves autistes ne va pas de soi et soulève de nombreuses questions. Malgré les difficultés de mise en œuvre, les échecs, il y a aussi de jolies petites victoires et c’est une expérience enrichissante pour l’enseignante. Témoignage.C’est une salle du collège qui n’est pas ordinaire. Le long des murs, des tables individuelles séparées par des étagères. Un coin bibliothèque avec une banquette, et aux murs des affichages, comme en primaire. Autour de la grande table centrale, une poignée d’élèves observe deux images : un tableau d’un paysage parisien à la fin du XIXe siècle, et une photo actuelle du même endroit. Autour d’eux, autant d’adultes : les AESH, la coordinatrice de l’ULIS et moi, prof d’histoire-géo, qui viens une fois par semaine faire un cours d’histoire au sein du dispositif.
Nous listons les ressemblances, les différences, avec des élèves qui parlent peu et se concentrent difficilement. Nous introduisons l’idée du « avant » : qu’est-ce qui, sur le tableau, est « d’avant » ? Qu’est-ce qu’on ne voit plus aujourd’hui dans la rue ? Lentement, patiemment, nous nommons, classons : les chevaux, les calèches, les hauts de forme, les robes longues. Nous trouvons les équivalents modernes : les voitures, les vêtements modernes, etc.
Quand le temps passe, les choses changent : une idée pas si évidente pour des élèves autistes qui ne maitrisent pas le dérou…