Compétences psychosociales : du foyer au sommet
Avec Adrien, dans une unité d’enseignement spécialisé, lorsque les étayages peuvent contribuer au développement des compétences psychosociales (CPS).Adrien est brillant. Que ce soit en mathématiques ou en français, il excelle. Rien dans les fondamentaux ne semble faire obstacle. Il dispose d’un sentiment de compétence qui lui permet d’affronter les tâches les plus complexes. Son profil est rare. Il se rêve modestement professeur ou éducateur comme beaucoup d’enfants « placés » de l’ASE (Aide sociale à l’enfance). Quand il dit « Maitre tu t’es trompé », le plus souvent, dans la foulée, il fait l’admiration de tous. Mea culpa. « Adrien a corrigé le maitre ! »
Tout serait donc pour le mieux, mais Adrien va passer en 6e et le pire est à craindre. En effet, rares sont les élèves confiés à notre unité d’enseignement spécialisée dans la grande difficulté scolaire et les troubles du comportement qui s’en sortent au collège. 80 % d’entre eux y chutent, même lourdement (conseil de discipline, décrochage scolaire, inhibition).
Adrien est « placé » depuis tout petit. Il a « usé » plusieurs familles d’accueil, changé de nombreuses fois d’école. La maman est en opposition avec les équipes pédagogiques, qu’elle tient pour responsables du placement. Il en résulte chez Adrien un sentiment de toute-puissance en même temps qu’un conflit de loyauté qui semble le déchirer. Son histoire de vie est parsemée de traumatismes. Une fois n’est pas coutume, Adrien est bien entouré : suivi pédopsychiatrique, psychothérapie dans laquelle il est bien investi. Cette aide, indispensable, est précieuse.
Il arrive en décembre de son année de CM2. Sept mois seulement le séparent du collège. L’inquiétude ne porte pas sur la question du programme (il n’en fera qu’une bouchée) mais plutôt…