Ce n’est pas qu’un « vulgaire outil » !
Dans le domaine de l’éducation, on affirme souvent que la pédagogie prévaut et qu’elle doit précéder toute utilisation de la technologie : voila une évidence qui mérite qu’on l’interroge.On le formule généralement ainsi : la technologie est un outil à mettre au service d’un dispositif pédagogique ou, pour le dire autrement, d’un objectif plus important, celui de l’enseignement de la notion que l’on veut transmettre ainsi que des modalités de cette transmission. De prime abord, cela parait très convaincant parce que l’histoire nous montre que mettre des machines dans une salle de classe ne suffit pas. Il faut apprendre à s’en servir bien sûr, mais ce que l’enseignant de français veut, c’est apprendre à ses élèves à écrire ; le professeur d’histoire, faire découvrir et comprendre telle ou telle période, etc. Et ni l’enseignant de français, ni celui d’histoire n’ont pour objectif principal de faire de la machine un objet d’enseignement en soi.
De fait, on voit cette machine et tous les programmes qui tournent dessus comme un objet mis au service d’autre chose, un truchement que certains perçoivent d’un mauvais œil quand d’autres y voient l’instrument d’une nécessaire évolution du métier d’enseignant.
Mais cette hiérarchie à priori bien compréhensible est autrement plus complexe qu’il n’y parait. Qu’advient-il du savoir et des compétences à acquérir qui ne peuvent s’acquérir que du seul fait de la technologie ? Par exemple, apprendre à coder est une compétence en soi qui ne saurait être subordonnée à une autre, laquelle aurait acquis ses lettres de noblesse durant les siècles passés, comme le français et l’histoire.
Si le champ des compétences et des connaissances à acquérir n’est pas immuable et que celui-ci n’est pas inféodé à un savoir qui lui préexistait, si, pour le dire autrement…