Bas les masques !
L’inspection pédagogique est souvent vécue comme une pratique dépassée et anxiogène. Comment la faire évoluer vers un temps d’analyse professionnelle, dans une relation de confiance, avec un moment d’échange collectif à l’échelle de la discipline et de l’établissement ?L’entretien d’inspection est marqué par une lourde histoire, qui pèse sur son déroulement effectif. D’une part, la pratique a longtemps scénarisé le caractère inégal de l’échange. L’entretien a longtemps eu lieu dans le bureau du chef d’établissement, l’inspecteur s’installant dans le fauteuil du chef, l’inspecté prenant place sur le siège de l’interlocuteur. L’entretien a longtemps pu ressembler sinon à un interrogatoire, où le professionnel inspecté est mis à la question par son autorité pédagogique, du moins à un monologue, et, au mieux, à un cours dialogué, où l’inspecteur tient le rôle du maitre qui questionne et attribuera une note, et l’inspecté celui de l’élève, qui tente de répondre quand on l’interroge. Il s’agit là de pratiques qui furent ordinaires.
Entre rituel obsolète et pratique traumatisante, l’entretien d’inspection est encore aujourd’hui vécu comme une épreuve par une majorité des professionnels concernés. À la rentrée 2014, selon le Snuipp (Syndicat national unitaire des instituteurs), 78 % des professeurs des écoles trouvaient l…