Barbara Martin : « Les bénéfices de l’hétérogénéité dépassent largement les arguments en sa défaveur »
La réforme du « choc des savoirs » s’applique aussi aux lycées français à l’étranger. La proviseure de l’un de ces établissements, Barbara Martin, explique les tensions avec lesquelles elle doit composer, entre demandes de plus d’homogénéité et nécessité d’une école pour tous.Je dirige un établissement français à l’étranger, à Toronto, pour lequel tous les niveaux – maternelle, élémentaire, collège, lycée – sont homologués par le ministère de l’Éducation nationale français. Nous accueillons des élèves de diverses origines culturelles dont les nationalités se partagent ainsi : 60 % de locaux, 30 % de Français, 10 % d’autres nationalités. Nous avons des élèves francophones, anglophones et allophones. Nous privilégions une pédagogie inclusive et innovante. Je suis convaincue que chaque élève peut progresser dans un cadre où la diversité est une richesse.
La réforme proposant la constitution de groupes de niveau ou de besoins a suscité de nombreux débats. Il y a des arguments en sa faveur et d’autres contre.
Les arguments favorables donnés au sein de l’équipe ont été de deux ordres. D’abord, cette réforme permet une différenciation ciblée, en offrant un cadre adapté aux élèves en grande difficulté ou aux élèves à fort potentiel. Il …