Une expérimentation sans notes en Corse

Alors que nous connaissons aujourd’hui tous les biais liés à l’évaluation, nous mesurons nos élèves en effectuant, principalement, un classement dans un groupe classe. A tel point que, sorti de ce groupe classe, l’élève auréolé de sa note ne nous renseigne nullement sur ce qu’il sait, ce qu’il maitrise ou non. Quelle est cette société du mérite qui devient inévitablement celle de la mesure, comme le dit Pierre Merle ? Si Rousseau avait dû noter Émile, lui aurait-il attribué plus ou moins que la moyenne ? Mais la moyenne par rapport à quoi, à qui ? L’éducation induit-elle l’idée de classement ? Ou est-ce notre recherche de la performance qui nous a amené à ce besoin de classement ? Si nous supposons que l’apprenant progresse en fonction de ses possibilités, il semble alors inutile de vouloir le comparer, le mesurer. A moins que cette mesure ne se fasse seulement qu’à partir de lui. L’élève devenant son propre étalon et non comparé à un idéal-type qui d’ailleurs ne doit exister que …