Un pari pour exister

Les conduites à risques des jeunes sont une série de conduites disparates, dont le trait commun est l’exposition de soi à une probabilité non négligeable de se blesser ou de mourir, de léser son avenir personnel, ou de mettre sa santé en péril. Pourquoi, comment les jeunes les adoptent-ils ?
Les conduites à risques ne consistent pas seulement dans le heurt brutal avec le monde. Elles se font parfois dans la discrétion, le silence (errances, troubles alimentaires, refus de soin, automutilations, scarifications, etc.). Elles mettent toujours en danger les potentialités du jeune. Elles altèrent en profondeur ses possibilités d’intégration sociale. La déscolarisation en est parfois une conséquence non moins dramatique. Empruntant des formes variées, les conduites à risque relèvent de l’intention, mais aussi de motivations inconscientes. Certaines, longuement délibérées, inscrites dans la durée, s’instaurent en mode de vie, d’autres marquent un passage à l’acte, ou une tentative unique liée aux circonstances. Toute conduite à risque a son histoire propre et engage des significations multiples parfois difficiles à démêler.
Lors de cet entredeux mondes qui succède à l’enfance et prélude à l’âge d’homme, le jeune est simultanément en quête d’indépendance et de réassurance à l’égard des autres, cherchant à la fois leur tutelle et l’autonomie, il expérimente pour le meilleur et pour le pire son statut de sujet, la frontière entre le dehors et le dedans de lui-même, joue avec les interdits sociaux, teste sa place au sein d’un monde où il ne se reconnait pas encore tout à fait. Insaisissable pour les autres, mais aussi pour lui-même, il inscrit son expérience dans l’ambivalence. Les enseignants ou les parents sont souvent en grande difficulté ne sachant plus à quoi se raccrocher. Pour le jeune, la confrontation à soi et aux autres est une mise à l’épreuve dans la quête de soi. Le…