Un avertissement de l’Histoire

L’éducation à la santé à l’école est promue dès la fin du XIXe siècle, mais avec des attendus et des objectifs bien différents : de la formation des recrues pour la troupe à des citoyens maitres de leur santé… et de leur cout pour la Sécurité sociale.
L’éducation à la santé n’est pas une discipline scolaire telle qu’elles sont mises en place à la fin du XIXe siècle. Elle est dotée pourtant d’objectifs et de programmes, qui connaissent des révisions, des inflexions, des modifications. Elle procède un peu à la manière de l’éducation civique, c’est-à-dire en traversant les hésitations et les consignes du système scolaire tout entier : instruction ou éducation, obligation ou option, privatisation ou nationalisation. Bref, elle est enjeu, en joue, en jouet. Casse-tête pédagogique, elle mobilise toutes les formes didactiques, investit tous les champs du savoir, dérange tous les corps (enseignants, parents, élèves, administration et service de santé scolaire). Par le regard historien, on peut saisir les héritages, comprendre les institutions, dénicher les préjugés, rendre intelligibles les pratiques actuelles. L’éducation à la santé dit toute l’école.
Au commencement — comme on dit dans les histoires — était l’école de l’individu. C’était le temps de la santé privée. Avec la Révolution (pour dire vite), le nouveau régime scolaire s’est fait collectif et la santé est devenue publique1.
La première véritable forme (au sens allemand de structure) d’éducation à la santé fait suite à la terrible défaite de 1871. Les troupes françaises ont été balayées, estimait-on, parce qu’elles n’étaient pas en état sanitaire de combattre. Ce « corps » de troupe, il faut l…