Tout jeu n’est pas joué
Se mobiliser avec plaisir, sentir qu’on peut faire des choix et progresser, en lien avec d’autres : si c’est cela, être en situation de jeu, nous pourrions peut-être nous en inspirer pour que nos situations d’apprentissage soient pleinement vécues ?Le jeu jouit d’un statut privilégié dans les discours éducatifs contemporains : moteur de développement, support d’apprentissages, cadre de socialisation, espace d’expression de soi. Cette reconnaissance officielle ne date pas d’hier : depuis Froebel, Montessori ou Decroly1, les pédagogues n’ont cessé de plaider en faveur du jeu comme vecteur d’une éducation authentique.
Pourtant, cette reconnaissance repose souvent sur une ambigüité essentielle : que désigne-t-on vraiment lorsqu’on parle de jeu ? Est-ce une activité identifiable par ses attributs extérieurs – matériel spécifique, règles explicites, atmosphère ludique – ou s’agit-il plutôt d’un état intérieur, d’un rapport subjectif à une situation, dans lequel un sujet se sent effectivement en train de jouer ? Autrement dit, le jeu est-il ce qui est …