SURTOUT, NE PAS FAIRE D’ERREURS !
L’état d’esprit dans lequel on considère les erreurs à l’école est révélateur d’une certaine conception de l’intelligence : si celle-ci se travaille plutôt que d’être une caractéristique fixe d’un individu, l’erreur n’est plus un échec.
Céline est venue me voir parce qu’elle veut changer de section. Nous sommes le 10 septembre. Elle veut aller vers une section réputée « plus facile ».
Elle a terminé l’année passée avec un léger échec en math. Son professeur lui a dit qu’on « lui avait fait un cadeau », sans doute pour la mettre en garde et qu’elle travaille davantage l’année suivante. Elle en retient qu’elle est nulle en math et pense qu’elle a presque raté l’année précédente.
Au premier cours de math de cette année, sa nouvelle prof demande à la classe qui se rappelle de « delta ». Elle ne s’en rappelle plus, mais voit d’autres élèves lever la main. La professeure voulait juger le niveau de la classe. Céline voit là la confirmation qu’elle est nulle en math et que ça va être dur pour elle cette année…