Sur un fil
Des élèves de langue maternelle autre, une enseignante qui se définit comme équilibriste, et leur classe, différente. Son métier de guide-apprenant conçu comme un voyage vers l’apprentissage de la langue française. Contre vent et marées.
Je n’ai jamais vraiment quitté les bancs de l’école. Après un master de français langue étrangère (FLE), j’ai pris l’avion pour enseigner le français auprès d’étrangers, puis je suis revenue assurer d’autres missions d’enseignement en France. Chaque fois, j’ai accompagné une vingtaine d’apprenants dans leur apprentissage du français. J’ai passé la porte de différentes salles de classe, été appelée « prof », répondu à des questions, écrit à la craie, noirci la tranche de ma main, rassuré les plus angoissés, félicité les progrès quotidiens et corrigé des copies.
Pourtant, cet univers n’est pas celui de l’école. Non, décidément, quand je pense à mon travail, je ne pense pas à l’école. Si ma salle de classe a un tableau, des fenêtres et des tables, si les étudiants sont invités à se présenter avec du stylo et du papier et à suivre des cours de façon régulière, la formation qu’ils suivent est avant tout une école de la vie, pour nous. Oui, pour…