Se former par l’analyse de situations
Déplacement : comment utiliser la notion de « situation complexe » en formation initiale des enseignants ? Comment ne pas rester collé à un contexte trop précis, éviter également les vagues généralités ?
On sait que la forme scolaire fut inventée pour séparer le moment de la formation de celui de l’action, donc des aléas et de la complexité de la vie ordinaire. On sait aussi que ce qui vaut pour les apprentissages de base ne s’applique pas tel quel aux formations professionnelles, surtout pas à celle des enseignants : un aspirant professeur veut bien apprendre, mais de préférence si les savoirs qu’on lui présente lui paraissent pertinents pour agir en situation plus ou moins immédiatement.
À l’extrême, rien ne vaut l’apprentissage sur le tas : pas de théories, pas de retour sur les bancs d’école devant des formateurs vous faisant la leçon. On agit et on apprend sur le champ, directement en enseignant, sans devoir assister à des cours de pédagogie pontifiants. Ou alors, la formation se déroule en alternance, et des apprentissages décontextualisés (théoriques) deviennent envisageables, mais toujours en lien avec ce que les étudiants vivent (en pratique) durant les stages, dans l’urgence et l’incertitude d’un métier complexe, mais modérément porté sur la réflexivité1. Aux formateurs alors d’assurer une connexion convaincante entre l’apprentissage dans et hors des situations, le désir d’apprendre pour agir,…