PLAIDOYER POUR SE DÉBARRASSER DE L’ERREUR D’ORTHOGRAPHE
Les élèves n’ont-ils pas de bonnes raisons de ne pas écrire selon la norme ? Et s’ils en maitrisaient tous les codes, seraient-ils encore des élèves ?
Quoi de plus emblématique de l’erreur que l’erreur d’orthographe ? Quand on demande à des adultes d’associer trois mots au mot « orthographe », on n’échappe généralement pas à « faute » ou « erreur ». Tout l’enseignement de l’orthographe se déroule effectivement sous le signe de la faute, la faute d’orthographe. En la rebaptisant « erreur », il n’est pas sur qu’on ait changé grand-chose, car, connotations morales mises à part, c’est toujours la même perspective pédagogique qui sous-tend la pensée de l’erreur orthographique.
Bien sur, les élèves produisent des graphies qui ne sont pas conformes à la norme, mais commettent-ils pour autant des erreurs ? On sait que l’étymologie du mot erreur renvoie à un verbe qui veut dire « s’écarter, s’éloigner de la vérité ». Pour s’éloigner de la vérité, ne faudrait-il pas déjà la posséder ? Or les élèves, par définition, ne peuvent pas connaitre la vérité orthographique, puisqu’ils sont à l’école pour l’apprendre. Par conséquent…