Petit panorama de la BD « scientifique »
La bande dessinée fait désormais partie du répertoire des possibles pédagogiques des enseignements scientifiques, avec un réel engouement éditorial. Un défi pour la recherche en éducation, en didactique, et en communication scientifiques.
Que sait-on aujourd’hui des usages effectifs de la BD en classe de sciences ? Quel impact sur les apprentissages des élèves ? Avant d’éclairer ces questions, un détour vers l’objet « BD de sciences » s’impose.
Dans le champ des savoirs afférents aux programmes scolaires, les productions éditoriales en BD couvrent un large panel de formes narratives et graphiques qu’il est délicat de circonscrire à un genre homogène, au risque d’en perdre la diversité qui les caractérise. Toutefois, nous pouvons distinguer trois grandes directions éditoriales en France.
D’abord, des collections à visée informative voire explicative, comme « En BD », « Manga Sciences » ou « La Petite Bédéthèque des Savoirs », prétendent rendre accessible au jeune lecteur des concepts et des phénomènes au même titre qu’un livre de vulgarisation. Dans ces récits, les connaissances à transmettre sont souvent accompagnées par un personnage savant garant d’une certaine rigueur scientifique : il peut s’agir d’un professeur imaginaire (le Professeur Moustache de Marion Montaigne, par exemple) autant qu’un chercheur du monde réel, coauteur lui-même du récit graphique (Hubert Reeves ou Bernard Séret).
D’autres collections s’inspirent du reportage pour colorer le discours d’un ton plus jou…