Partir en voyage

En travaillant avec des élèves qui avaient des difficultés avérées à comprendre l’écrit, j’ai réalisé que la compréhension d’un texte était souvent perçue comme un miracle, qui se produit ou pas. Cette croyance touche une frange beaucoup plus large que celle des élèves dits « à besoins éducatifs particuliers ». Il est vrai que dans l’acte de comprendre, rien ne se voit, rien ne s’entend, mais tout se fait dans l’ombre. Ainsi que le soulignent en substance nombre d’auteurs et pédagogues (notamment Roland Goigoux, Sylvie Cèbe, Jocelyne Giasson), comprendre l’écrit dans le sens littéral de « cum prehendere » (prendre avec soi) relève en réalité d’une mosaïque d’habiletés à mettre en œuvre. Il ne s’agit pas simplement de faire glisser le sens du texte vers le lecteur, il faut que s’établisse une relation dynamique entre le lecteur, le texte et le contexte. Par leurs recherches, ces spécialistes militent pour un enseignement explicite de la compréhension de l’écrit. C’est une mission difficile qui peut aisé…