Naviguer en équipage

En groupe sur un bateau, vers le grand large… Bien des enjeux pour des apprentissages durables !
Vivre ensemble, c’est, pour un élève, progresser en accord avec les règles que la classe se donne en respectant sa propre intégrité, celle des autres, adultes comme enfants, et le milieu dans lequel il évolue. Le socle commun de connaissances et de compétences précise au travers de la compétence 6, paragraphe « Vivre en société », que les élèves doivent « connaitre et comprendre que toute organisation humaine se fonde sur des codes de conduite et des usages dont le respect s’impose » et d’autre part, que chaque élève doit être capable « de communiquer et de travailler en équipe, ce qui suppose savoir écouter, faire valoir son point de vue, négocier, rechercher un consensus, accomplir sa tâche selon des règles établies en groupe ». Il y est bien précisé que « l’éducation physique et sportive y contribue ».
L’activité physique et sportive (APS) voile est abordée là au travers de deux des compétences qu’elle peut contribuer à faire développer par l’élève :
- adapter son déplacement à différents types d’environnement ;
- éduquer à la responsabilité et à l’autonomie, en faisant accéder les élèves à des valeurs morales et sociales (respect de règles, respect de soi-même et d’autrui).
Naviguer ensemble impose des règles propres au groupe, imposées par le cadre particulier de la base nautique1, un règlement de sécurité qui lui est extérieur et que celui-ci doit respecter. L’activité se déroule dans un milieu naturel, la mer, que la société dans son ensemble invite à respecter, et que les usagers habituels, les marins en particulier, ont besoin de préserver. Toutes ces notions montrent que la pratique de l’activité voile constitue un cadre d’apprentissage concret de la vie en société, mais également un lieu où se réinvestissent des compétences motrices construites individuellement.
Le projet d’apprentissage pour des enseignants était de rendre les élèves suffisamment autonomes sur leur bateau, pour qu’ils puissent construire à eux tous un projet de voyage lucide et responsable, en fonction de leurs capacités, du lieu, des conditions météorologiques.
Mettre des élèves dans la possibilité de construire ensemble un projet de voyage en mer signifie leur donner les outils nécessaires à la mise en œuvre d’un tel projet. Ils doivent être en mesure de le programmer quelques jours avant, le valider le jour déterminé, sur la plage, avant de partir, et le réaliser dans les meilleures conditions.
Pour le programmer, ils doivent maitriser des moyens de repérage et d’orientation sur cartes, leurs propres inhibitions — préalable nécessaire à l’entrée dans les apprentissages —, des notions de sécurité en ce qui concerne la composition des équipages, les équipements de sécurité individuels et collectifs.
Pour le valider avant de partir, ils doivent être capables de :
- prendre les informations météorologiques nécessaires ;
- se repérer, s’orienter dans un nouvel espace orienté par le vent, déterminer en fonction de cela la route la plus efficace, naviguer en sécurité en sachant adapter leur équipement, la voilure et la route aux conditions météorologiques et aux capacités des équipages. Pour le réaliser, ils doivent pouvoir : sur chaque bateau, naviguer en équipage (coopérer de manière efficace) pendant un effort prolongé ; pour toute la flotte : naviguer en sécurité, c’est-à-dire regarder les autres bateaux, être capables de décentrer son regard de son propre bateau et s’adapter aux conditions météorologiques en fonction des capacités des équipages, c’est-à-dire accepter de modifier, voire d’arrêter le voyage2.Des rapprochements entre les programmes de maitrise de la langue, d’éducation civique et ceux d’éducation physique et sportive (cf. document en annexe) ont permis de travailler à la fois dans toutes ces disciplines. Le projet correspond à la mise en œuvre de situations pédagogiques permettant d’atteindre les objectifs par les programmes en éducation physique et sportive, et les compétences visées par le socle commun de façon réfléchie et conjointe. Des situations d’apprentissage ont été programmées qui :
- privilégiaient des situations d’échange entre les élèves tant en classe, lors des temps d’analyse et de préparation de séance, que sur l’eau, en incitant les élèves à échanger leurs compétences, leurs connaissances, et, à fortiori, à s’écouter les uns les autres pour améliorer leurs performances sur l’eau ;
- organisaient des modalités de coopération en leur proposant des tâches où le travail de groupe est rendu indispensable, soit parce que l’activité est trop longue