« L’humble soumission à la vérité »
Quel enseignant d’histoire, mais aussi quel citoyen peut-il se dispenser, lorsqu’il veut en savoir plus sur l’histoire de la Shoah, de se référer à Annette Wieviorka, historienne, auteure de nombreux ouvrages, comme Auschwitz expliquée à ma fille ? Mais c’est l’occasion de la publication de Mes années chinoises (Stock, 2021) qui nous a donné l’envie de ce bel échange.J’étais au lycée dans les années 60, et à l’époque, les programmes ne comportaient pas le moindre mot sur ce qu’on n’appelait pas alors « la Shoah ». Cependant en 4e, on nous a projeté Nuit et Brouillard, ce film d’Alain Resnais que des générations d’élèves ont vu certainement. Mais cela ne concernait pas spécifiquement les Juifs et il était beaucoup question de la déportation des résistants.
Il a fallu attendre les années 70, grâce à l’action de gens comme Serge Klarsfed. C’est en 79 que l’Association des profs d’histoire-géographie a organisé un colloque sur la Shoah. Il était important de marquer cette tragédie de l’Histoire, en ne fusionnant pas tout sous le terme trop englobant de « génocide » (Brigitte Bardot lançait bien une campagne contre le « génoci…