L’extension d’un territoire

Comment un premier intérêt de la médecine pour l’éducation a pu conduire à une vision médicale et médicalisée de celle-ci.
Le pouvoir exercé par la médecine (le corps médical et l’institution médicale) dans de nombreux domaines est immense, depuis l’aube de l’humanité. Il se fonde sur une base claire et simple qui est l’essentiel du serment d’Hippocrate : ad primum non nocere (tout d’abord ne pas nuire). Ce fondement éthique majeur peut bien sûr être considéré comme globalement positif, pourtant, il peut conduire à un certain nombre de limitations.
En effet, il tend toujours vers une sorte de médiane idéale où les extrêmes, ou, du moins, les positions hors de la « normale », au sens mathématique ou statistique du terme, mais aussi hors norme posent toujours problème. Ainsi en va-t-il de toutes les pratiques aux limites qui pourront être pensées, dans cette perspective, comme dangereuses. Les efforts sportifs ou les jeux violents, dans l’éducation, sont considérés, au début du siècle, par la médecine (du moins par bon nombre de médecins, de professeurs de médecine) comme néfastes pour la santé, car éloignant le corps de la médiane, de la normale. Les bonnes pratiques corporelles sont en ce sens celles qui « secouent modérément la machine animale ». Mais, la médecine ne se contente pas de montrer du doigt ce qui est hors norme, elle cherche toujours à ramener les extrêmes vers le centre, vers une sorte de lieu standard.
Trop de chole…