Les professeurs et la dimension religieuse
Voici maintenant deux décennies que la place de l’« objet religieux » en histoire géographie pose question. Voici bientôt dix ans que les nouveaux programmes lui ont fait une place plus affirmée, et trois ans qu’avec la mise en œuvre d’un enseignement pluridisciplinaire du fait religieux le débat a pris une forme nouvelle. Alors que se passe-t-il réellement dans les classes ?Pour évaluer l’attitude des professeurs face à l’enseignement du fait religieux nous disposons de trois postes d’observation dont les résultats combinés, en l’absence d’une étude systématique, peuvent donner de sérieuses indications : les rapports d’inspection et les impressions globales qui peuvent en être déduites ; de façon plus ponctuelle, l’observation des lieux de formation actuellement très nombreux (des séminaires, universités d’été) ; les déclarations sur les questions de principe touchant la laïcité, le plus souvent empreintes de beaucoup de réserves.
L’enseignement du fait religieux suscite encore, il ne faut pas se le cacher, réserves et refus chez un certain nombre de professeurs. Ce refus peut n’être pas toujours proclamé et s’accommoder des aubaines du programme ; on s’autorise du manque de temps pour contourner la leçon sur les origines du christianisme en fin de programme de 6e, on allège (c’est licite) la première partie de celui de 2de. L’omission devient plus explicite, les rapports en témoignent, lorsqu’elle concerne judaïsme et islam au nom de l’inquiétude des professeurs face à des questions trop brulantes dans certains établissements. Mais le refus est parfois plus clairement idéologique : on dénonce volontiers une invasion du religieux et de ses risques : « Hier nos ancêtres les Gaulois, aujourd’hui nos ancêtres les chrétiens », s’exclame une militante syndicale…
Mais le plus critiquab…