LE PARCOURS DIFFICILE DE L’APPRENANT
Apprendre est un processus complexe, dans lequel s’entremêlent essais, réussites et erreurs. Comment rendre celles-ci plus visibles, et donc plus utiles ?
A l’école, l’erreur est de mise : l’élève commet des erreurs, en fréquence ou gravité lorsqu’il apprend (stade de l’acquisition), lorsqu’il met à l’épreuve ses apprentissages dans des tâches analogues (stade du réinvestissement) et les types d’erreurs produites sont fondamentalement différents. L’évaluation entérine réussites et erreurs et l’on peut admettre que l’élève en échec scolaire cumule une somme à ce point considérable d’erreurs que le système scolaire s’avoue impuissant à l’aider à les corriger.
Paradoxalement, l’erreur est peu audible dans les discours professionnels. On constate que si l’école est un des rares lieux où il est encore possible de commettre des erreurs sans dommages irréparables, le mot même y semble tabou chez ceux qui en ont la charge, lui préférant bêtise, bourde, perle ou faute, appellations repoussoirs. L’erreur est méprisée, parce qu’elle s’oppose aux désirs de réussite de l’enseignant, contredit ce qui semble vérité et encapsule le produit erroné et son auteur, qui se voit désigné comme responsable du fait de ses manques, sa paresse ou sa mauvaise volonté. Or, l’erreur est le levier des apprentissages, tant pour les élèves que pour les procédures des enseignants.
Apprendre c’est entreprendre ce que d’emblée il est impossible de réaliser. Confronté à une nouveauté, une difficulté, celui qui apprend produit, en qualité comme en quantité, un nombre non négligeable d’erreurs. Apprendre, c’est …