Le marché ou la société ?
Rudes affrontements autour des finalités de l’enseignement des SES : partisans de contenus émancipateurs contre zélateurs de l’adaptation précoce des jeunes aux lois du marché. Pas si simple, nous dit l’auteur, qui dresse cependant un portrait à charge des menées du monde de l’entreprise pour orienter les programmes et contenus de cette discipline.Dès avant leur mise en place au lycée il y a un peu plus de cinquante ans, les finalités de l’enseignement des SES (sciences économiques et sociales), pour ne pas dire leur existence même, ont fait l’objet d’importants désaccords et de tentatives pour peser sur leur contenu.
Initialement, les premières attaques sont venues de l’intérieur de l’Éducation nationale elle-même, notamment de certains enseignants de techniques économiques et gestion, d’histoire-géographie et de philosophie qui voyaient leur propre territoire enfreint. À cette époque, les débats étaient également vifs au sein de la commission chargée d’élaborer les programmes, animée par le géographe Marcel Roncayolo, entre des économistes venant de prendre leur indépendance académique et qui souhaitaient restreindre l’enseignement à leur seul domaine, et les autres spécialistes, partisans d’une approche transdisciplinaire pour mener l’étude d’objets résonnant dans l’expérience des élèves.