Le concept de chien n’aboie pas
Les écrits de travail permettent aux élèves de mettre le
monde sensible à distance pour entrer dans le monde du savoir et des savoirs scolaires : penser le monde et le mettre en mots, afin de construire les connaissances.
À l’école, les élèves écrivent peu, si ce n’est pour copier une leçon ou être évalués. Dans ce cas, le texte attendu doit être sans rature et bien fait, directement communicable. Pourtant, de nombreuses recherches montrent que la réussite de l’élève, c’est-à-dire la prise de conscience de soi comme sujet pensant, apprenant, agissant, dépend de la capacité à mettre en œuvre des écrits de travail dits réflexifs.
L’écrit est considéré comme un outil culturel propice au développement de l’homme et de ses activités. Ainsi, pour l’anthropologue Jack Goody, l’écrit transforme les pratiques cognitives antérieures à son appropriation. Il permet d’éloigner de la connaissance sensible singulière et d’explorer les objets avec différents systèmes sémiotiques (schéma, tableau, graphique, texte), pour les reconstruire sur un autre plan. Il donne à voir ensemble et simultanément ce que la parole, au contraire, construit linéairement et successivement. En donnant la possibilité de juxtaposer des énoncés produits dans des temps et des lieux différents, l’écrit a suscité une pratique d’archivage et de comparaison d’archives, à l’origine de l’activité critique et…