La route du désir
L’analyse minutieuse du film de Clint Eastwood, Sur la route de Madison, en cours de philosophie, conduit des élèves de terminale à approcher la notion de désir amoureux dans ses multiples dimensions, érotique, inconsciente, subversive, et à s’interroger sur leurs propres insatisfactions.Au lycée, l’éveil de la sexualité est renvoyé au cercle familial, où il est parfois très difficile à formuler, et au cercle amical, ce qui renvoie à des échanges d’expériences entre novices, comme si la transmission entre générations ne pouvait s’exercer dans ce champ, parce qu’elle implique l’intime et peut mettre à nu les personnes. Pourtant, les enjeux et les questionnements sont nombreux. Il semble paradoxal que l’institution au sein de laquelle les jeunes constituent leur sociabilité, où ils attisent leurs désirs et où se joue pour bonne partie l’initiation aux relations sexuelles, se prive de mettre au travail une sensibilisation et une réflexion sur la sexualité, autrement que sous la forme d’enjeu du consentement, de préventions du sexisme, de l’homophobie et du harcèle…