La philosophie pour prendre la parole
Si le raccrochage n’est qu’un problème d’acquisition de compétences en vue d’une insertion sur le marché de l’emploi, point besoin de philosophie. S’il s’agit de nouer de nouveaux liens avec les savoirs, la culture, d’engager un autre rapport à la parole, à la pensée, le questionnement philosophique est précieux.
Fondé pour rendre une expérience scolaire à nouveau possible, le Clept accueille ses postulants par un exercice de parole. Cette parole est rigoureusement tissée, non selon des procédures d’aveu et de contrôle, mais pour éviter que se redéploient les inévitables malentendus qui ont fait décrocher les jeunes. L’objectif est que chaque jeune puisse devenir un véritable interlocuteur, qui sache écouter, parler, prendre sa position dans la parole : interlocuteur des enseignants qui l’ont recruté, interlocuteur de l’institution qui l’accueille, des adultes en général, des autres jeunes et de lui-même. Les dispositifs sont diffractés : le groupe de base, qui favorise le brassage et la réflexion collective sans but pédagogique ; le tutorat qui permet que chacun se rende des comptes dans la rencontre avec un adulte de référence ; les assemblées générales qui permettent que tous se parlent et entendent la même chose au même moment, et puissent prendre des décisions.
Le dispositif d’introduction au questionnement philosophique participe et complète ce réseau, en l’articulant à une réflexion centrée sur les savoirs en questionnement. La parole et la réflexion se trouvent ici mêlées dans un rapport au savoir original, sans présupposer de pré-requis.
Cette parole n’est pas acquise. Elle s…